« On ne se sent pas très à l’aise dans les bars classiques »

À Paris, trois étudiants en maquillage racontent pourquoi ils ont peu à peu délaissé les bars « classiques » au profit des établissements alternatifs. Une histoire de musique, certes, mais surtout de regards, de rencontres et de tolérance.

Même dans l’obscurité, ils sont bien visibles. Des cheveux bleus éléctrique, rouges profond ou bien blond platine. Les vêtements noirs dominent largement les tables du Black Dog, bar parisien situé rue des Lombards. C’est ici que Camille, Emma et Victor se sont donné rendez-vous. Les trois étudiants se sont rencontrés à l’Eicar (École internationale de création audiovisuelle et de réalisation), où ils suivent une formation en maquillage pour le cinéma. 

Pour Emma, cette attirance ne date pas d’hier. “J’ai toujours aimé tout ce qui est un peu morbide. À la base, je voulais devenir tatoueuse. Puis j’ai découvert le maquillage effets spéciaux et j’ai adoré.”

Un univers nocturne différent

Si le métal les rassemble, ce n’est pourtant pas la première raison qui les pousse à revenir dans ce type d’établissement. Emma fréquentait déjà les univers alternatifs. Mais c’est en rencontrant Camille que les sorties dans les bars métal sont devenues une habitude. “On a commencé à y aller ensemble, et maintenant, c’est quasiment tout le temps.”

Camille, avec ses cheveux bleu pétants, raconte que les bars comme le Black Dog prolongent finalement un univers qu’elle fréquente déjà au quotidien. “J’ai toujours aimé le métal et les univers alternatifs.”

On ne se sent pas très à l’aise dans les bars classiques, glisse Emma, avec ses longs cheveux bordeaux. Les gens sont plus tolérants parce qu’on a le même style. On reçoit moins de remarques. On est tous liés par la musique qu’on écoute et notre style.”

Victor, qui découvrait le Black Dog ce soir-là, dit avoir rapidement retrouvé cette même ambiance. “Je trouve que c’est plus chaleureux que d’autres bars.”

« Les gens nous regardent moins bizarrement »

Pour les trois étudiants, ces établissements offrent avant tout une forme de liberté. Chacun peut s’habiller comme il le souhaite sans craindre les réflexions.

Victor accompagne régulièrement ses deux amies dans ces bars alternatifs. Il apprécie cette atmosphère plus détendue. “On se sent plus à l’aise.” Au fil de la discussion, les trois étudiants parlent finalement assez peu de musique. Ils évoquent davantage les regards extérieurs, les remarques parfois entendues ailleurs et cette sensation de ne plus avoir à expliquer qui ils sont.

Mais le Black Dog est aussi un lieu où les conversations naissent facilement. « On finit toujours par discuter avec des gens. On fait des rencontres, raconte Camille. Les gens sont ouverts d’esprit. Comme on écoute les mêmes choses et qu’on partage un peu le même univers, on finit toujours par parler avec quelqu’un.” 

À écouter les trois amis, ces bars alternatifs ne sont donc pas seulement des endroits où l’on vient écouter du métal ou boire un verre. Ils deviennent, le temps d’une soirée, des lieux où l’on peut simplement être soi, sans avoir à se justifier.

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