
« Ce qui nous a réchauffé le cœur, c’est que beaucoup de personnes qui ne sont pas concernées ont pris notre défense »
Une première Pride est un événement. Une deuxième raconte autre chose. En revenant à Alès (Gard) le 13 juin 2026, un an après sa création, la Marche des fiertés cherche désormais à s’inscrire dans la durée et à trouver sa place dans le paysage cévenol.
Une première Pride est un pari. Une deuxième raconte autre chose : la volonté de durer.
L’an dernier, la première Marche des fiertés d’Alès avait marqué les esprits. Parce qu’elle était le premier gros évènement de ce genre dans le nord des Cévennes. Parce qu’elle avait surpris. Parce qu’elle avait aussi suscité son lot de réactions hostiles. Un an plus tard, les bénévoles du collectif Pride d’Alès reviennent. Non plus pour prouver qu’une Pride est possible à Alès, mais en faisant le pari de l’inscrire durablement dans le paysage local.
« Notre but, c’est de l’établir, de la pérenniser sur Alès », explique Helena Cabello. L’idée d’organiser une Pride itinérante entre les communes cévenoles a bien été évoquée. Mais les organisateurs ont finalement choisi une autre stratégie : concentrer leurs efforts sur Alès, à l’image du Vigan, où le tissu associatif est devenu un véritable point d’appui.
Réactions homophobes et défense citoyenne
Si les réactions homophobes sur les réseaux sociaux ont bien existé après la première édition, Helena préfère retenir autre chose : « Ce qui nous a réchauffé le cœur, c’est que beaucoup de personnes qui ne sont pas concernées ont pris notre défense. » Pour elle, cette solidarité a constitué un déclic. « On s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire. Il faut simplement habituer les personnes au fait qu’on est déjà là tout le temps. De temps en temps, on se réunit et on se montre avec fierté. »
Une idée qui revient souvent dans son discours : une marche des fiertés ne serait pas seulement destinée aux personnes LGBTQIA+. « Absolument tout le monde est bienvenu », insiste-t-elle. Elle compare volontiers la marche à une mobilisation contre le racisme : personne ne demande aux participants s’ils sont directement concernés. « Une société est faite du vivre-ensemble. Pourquoi empêcher les gens de venir fêter la diversité et l’amour ? »
Le samedi, sur la place des Martyrs d’Alès, le village associatif, les lectures drag, la batucada ou encore la marche ne seront finalement que la partie visible d’un travail engagé depuis plusieurs mois. Ateliers, rencontres, interventions sur d’autres événements. le collectif cherche déjà à créer du lien bien au-delà du seul mois des fiertés.
Une première Pride peut relever de la curiosité. Une deuxième suppose de retrouver des bénévoles, des partenaires, des alliés et un public. Elle ne signifie pas que les discriminations ont disparu. Elle dit simplement qu’à Alès, une partie du territoire semble désormais considérer que ce rendez-vous mérite d’exister. Et c’est peut-être cela, la véritable nouveauté de cette deuxième édition.
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